Les danses populaires cubaines
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-Contradanza, Danza, Danzon, Danzonete, Son, Mambo, Chachacha…
-La Comparsa (carnaval cubain)
-Danses " campesinas "


A Cuba, les danses populaires sont nées de la musique populaire cubaine ;
on y lit l'histoire du pays, le métissage des cultures, les règles que ce soient dans l'attitude des danseurs, la forme chorégraphique de la danse, la relation au rythme…

Très vivantes dans le cœur des cubains, elles offrent une véritable culture de danse pour l'amateur et le professionnel.

A part dans la contredanse, dans les danses populaires, le danseur a les pieds à plat, les genoux toujours légèrement fléchis, le buste relâché légèrement vers l'avant.
La Contradanza








Venant d'Angleterre(" country dance ") puis passant en Europe (Hollande) et particulièrement en France (contredanse) où elle s'est développée.
A Cuba, elle a été amenée par des français qui vivaient à Saint Domingue et Haïti et se sont réfugiés à Cuba , principalement vers Santiago de Cuba lors de la Révolution en 1791.
La contradanza va s'étendre à toute l'île et atteindra son apogée au 19ème siècle.

La posture est très droite, le menton levé.
Les figures de base sont : paseo, cadenas, sostenido , cedazo
C'est une danse où les couples se tiennent par une main côte à côte,
Enchaînant des déplacements, des saluts, des " chaînes anglaises "…
Les positions des mains sont très étudiées.

La Danza
Issue de la contradanza, la danza a ses caractéristiques propres notamment le fait que l'homme et la femme se trouvent pour la première fois en position de danse sociale c'est à dire face à face.
Si au début elle a gardé des figures de la contradanza elle va évoluer de plus en plus vers une danse ou le couple danse face à face et indépendamment les uns des autres.

Le Danzòn
















En 1879, le musicien Miguel FAILDE étrenna le premier danzòn qu'il avait écrit pour
l'adapter à une danse qui existait déjà. Très critiqué au début, donné comme indécent, il a été considéré comme la danse nationale et continue de se maintenir aujourd'hui.
Il est joué par ce qu'on appelle les Orquestas tìpicas et les Charangas francesas qui allient piano, flûte violon, güiro, congas…
Le danzon se danse avec différents styles suivant les régions, la principale différence étant de le danser sur les temps ou sur les contretemps.
Il se danse en position sociale c'est à dire en couple enlacé.

La particularité du danzon tient au fait que les parties dansées et les parties de repos alternent en relation avec la musique. L'introduction ne se danse pas et chaque fois que le thème se répète les danseurs font une pause : c'est le moment où les femmes ouvrent leur éventail et s'éventent, échangent des commentaires avec leur partenaire ou bien circulent à la rencontre d'autres couples.
Dans la danse en elle-même, on se déplace très peu.
Par l'influence du son , une partie finale nommée montuno a été rajoutée et donne
l'opportunité aux danseurs d'exécuter des figures plus difficiles.

Il est à noter que musicalement , beaucoup de danzones intègrent des morceaux d'opéras connus.

Le Danzonete
Il est dit que le rythme du danzonete est un mélange de danzon et de son.
Peu développé, il se différencie peu du danzon mais son style est moins austère et ressemble au son notamment pour certaines figures ou " vueltas " ou le cavalier lâche d'une main sa partenaire pour la faire tourner.

Le Son










Il y a beaucoup à dire musicalement sur le son, de ses origines à son évolution actuelle.
Né dans la province de l'Oriente de Cuba autour de Santiago, avec des racines africaines et hispaniques il va être amené jusqu'à la Havane ou il se métissera avec le danzon, donnant naissance à d'autres styles.
En ce qui concerne la danse, on distingue le son montuno , le son urbano, et des variantes comme le sucu sucu…
A l'origine, le son se danse à contretemps mais dans certains endroits de Cuba il est dansé sur les temps ou sur les contretemps.
Danse de couple enlacé, le cavalier réalise des figures ou il se retrouve en position ouverte notamment lors de vueltas lorsqu'il fait tourner sa partenaire..
Les vueltas sont simples et peu nombreuses. Certains pas sont spectaculaires comme le tornillo ou l'homme, entraîné par sa partenaire descend en rotation en appui sur un pied jusqu'à se retrouver la jambe complètement pliée et enchaîne toujours en rotation et toujours en appui sur un pied différentes postures allant jusqu'à avoir le corps parallèle au sol.
Dans le son l'homme met l'accent sur le jeu de jambes qu'il improvise en relation au rythme notamment dans la partie solo des bongos.

Le Mambo





 

 



La première personne qui a utilisé le mot mambo était Orestes Lopez en 1929 dans un danzòn intitulé mambo avec une nouvelle modalité musicale
En 1947, Perez Prado emporta ce rythme à Mexico où il connut un grand succès particulièrement en 1951 avec Rico el mambo.

Au niveau de la danse, le mambo n'est pas une création populaire ;ce sont des danseurs de cabaret qui en ont créés les pas repris ensuite par le peuple.
Certains pas sont restés typiques de la danse comme le pas pointé devant qui s'accompagne d'un mouvement de vibration de tête avant arrière conséquence du mouvement du buste et du bassin également en vibration avant /arrière ; les bras sont pliés à hauteur de la taille les mains allongées et marquent le rythme avec un petit mouvement vers l'avant alternant droite et gauche.
Les couples dansent face à face mais non enlacés .
Le rythme est très rapide.

Le Cha Cha Cha







Issu du Danzòn, rythmiquement le chacha cha est très proche du mambo.
En 1951 Enrique Jorrin a donné a la " Engañadora " les caractéristiques rythmiques qui vont la différencier du mambo. Depuis sa création, la danse s'est enrichi de pas sans jamais rien perdre de son essence.
L'origine du mot chachacha aurait été donné par le bruit des pieds des danseurs suivant le rythme.

Le chachacha se danse en couple mais aussi en face à face. Si cette danse se prête à de nombreuses chorégraphies on retrouve toujours les mêmes pas de base ; fonctionnant sur le principe de 1 2 123 (attention, il ne s'agit pas du 1et 2 de la musique) en accord avec la percussion.
on retrouve le pas de " sepillo " qui reprend le mouvement de balayer avec les bras, la " suiza " ou le danseur paraît sautiller sur place en tournant les bras comme s'il sautait à la corde…

Quelques autres danses populaires cubaines
A Cuba de nombreuses danses populaires sont apparues et certaines ont intégrées le patrimoine des danses des ballets folkloriques
Le Mozambique


C'est Pello el Afrokan qui lance la musique du " mozambique "
A base de percussions et de cuivres c'est une musique qui se rapproche du style des congas de carnaval.
Ils s'entourent de danseuses qui dansent devant l'orchestre de petites chorégraphies reprises par le public.
L'une d'elle " Maria Caracoles " donnera son nom à un des morceaux les plus connus de mozambique.

Le Pilòn
Lancé par Pacho Alonso y sus kinis kinis le pilòn est une danse dont le mouvement principal pour les bras consiste à " piler ",les pieds marquant le rythme.
Elle a connu un grand engouement et il y a quelques années le fils de Pacho " Pachito en a proposé une adaptation plus moderne avec une intro en rap !

Le Dengué
A l 'époque ou la maladie du " dengué " (la dengue) avait frappé particulièrement Cuba, les cubains ont riposté avec ironie en lançant une
Danse : le dengué.
La caractéristique de cette danse est le mouvement des épaules :les danseurs secouent les épaules en suivant le rythme donné par la cloche . Ce mouvement ferait référence à l'exceptionnelle maigreur des malades du dengué et au " bruit des os " qu'ils feraient en se déplaçant.

Le Paca-paca
" Par là " !

Dans cette danse, les danseurs sont souvent en file et indiquent avec le pouce et la tête une direction dans leur dos
Ils balancent la tête deux fois vers l'arrière alternativement a droite et à gauche, avec un mouvement de la main poing serré pouce levé dans la direction de la tête.

La salsa cubaine : le casino
A Cuba on danse le son, on danse le casino mais pas la salsa.
Le casino, est largement inspiré du son comme la musique " salsa " cubaine.
Certains disent que les passes du casino sont inspirées du rock'n roll.
Ce qui est certain c'est que le casino a évolué : on distingue différents styles de danse suivant que l'on se rapproche du son ou du " despelote " (rotations des hanches)…
Si le casino est une danse de " la rue " (il n'y a pas de cours à Cuba)et se danse sur le " temps " , les danseurs de ballets folkloriques, les participants à un concours de danse et les bons danseurs dansent sur les contre temps comme le son.
En fait il y a 3 placements possibles sur la clave (base rythmique du son et donc de la " salsa ") : l'essentiel étant de danser sur la clave.

" La rueda de casino "
est une forme collective et très ludique de danser le casino.
Les couples sont placés sur un cercle et effectuent les mêmes figures sur l'injonction d'un " chanteur " qui annonce les passes.
Ce sont les hommes qui communiquent entre eux, effectuant des figures, des déplacements en changeant presque constamment de partenaires.
Le chanteur essaye de " piéger " les autres en annonçant très vite les passes….et en inventant régulièrement des passes ou des changements de partenaires avec beaucoup d'humour.
Dans les spectacles, les ruedas de casino peuvent prendre un aspect très chorégraphique mais sans rien perdre de la spontanéité, de la gaieté et de la gouaille des danseurs de la rue.


La comparsa, conga de carnaval






La comparsa est une danse collective de marche, qui prend son origine dans les fêtes profanes des esclaves pendant la colonie espagnole, spécialement dans le jour des rois (6 janvier) .
Elle a survécu à de nombreuses années d'interdiction, tres mal considérée par les autorités qui la jugeait comme une manifestation trop primitive.

Actuellement c'est la danse des carnavals et les groupes participants concourent pour obtenir un prix.
A La Havane, la musique est composée de percussions et de cuivres.
Traditionnellement les danseurs dansent très droits en couple et exécutent des chorégraphies complexes sous la direction d'un maitre de danse .

A Santiago de Cuba on parle plutôt de conga : ici, des percussions et une trompette chinoise " la cornette china " qui donne ce son si particulier aux congas de Santiago.
La danse est plus libre, plus spontanée et les danseurs roulent des hanches et des épaules.

A Camagüey, les groupes de comparsa répetent pour la fête de la San Juan (la St Jean) qui était à l'origine une foire aux bestiaux.
On retrouve des comparsas sur le modèle de La Havane, avec des chorégraphies riches et complexes.

Mas il existe aussi les groupes de Congas Camagueyanas : les tambours utilisés sont différents, se jouent avec des mailloches et les peaux sont chauffées avant le passage pour accorer l'instrument ; de nombreux " breaks " entrecoupent la rythmique de base. La danse reste sur des pas de base et déplacements simples avec beaucoup de rotations de hanches.

 

Les chancletas : de l'Oriente (Santiago de Cuba)
Les danseurs ont des sortes de claquette en bois aux pieds
ce qui leur permet de jouer des rythmes de percussions en réponse aux musiciens.

Les danses " Campesinas "






Ce sont les danses de la campagne, des " guajiros ", inspirées en majorité des danses des campagnes espagnoles. Chaque région de Cuba a son folklore campesino, certaines régions comme Camagüey, Majagua, possédant un riche répertoire de danses.
Les plus connues sont :


El Zapateo cubano d'inspiration espagnole (très à la mode au 19 ème siècle)
Frappes de pieds alternant talon et pointes
La danseuse porte le chapeau de son danseur


La Karinga ou Caringa ou calinda : danse d'origine africaine qui se danse en couple libre face à face, le pas basique a cependant des ressemblances avec la polka européenne(la polka a té très dansé à Cuba à la fin du 19 ème siècle et au debut du 20ème siècle).


El Gavilàn (l'épervier)
Danse " mimétique " ou l'épervier (gavilan) essaye de s'emparer des poulets.(les danseuses) pendant que les autres danseurs essaient de le faire fuir en poussant des cris. Un chasseur survient afin de tuer l'épervier.
L'épervier est interprété par une danseuse qui porte un costume et une coiffe symbolisant l'oiseau.

El Papalote (le cerf-volant)
Cette danse est exécutée par un couple libre : le danseur interprète celui qui tire les ficelles du cerf volant interprété par la danseuse.
La danseuse porte un plastron sur sa poitrine et sur le dos attaché aux épaules.
Toute la danse repose sur la créativité des danseurs , la danseuse devant évoluer en réponse aux gestes et déplacements du danseur comme le ferait le cerf-volant.

Ces 2 dernières danses se retrouvent aussi en rumba :
ce sont les "rumbas miméticas"